
L’essentiel
- Le communiqué du ministère de l’Éducation nationale du 14 juin 2025 indique que tout recours à l’IA générative pour réaliser un devoir, sans autorisation explicite et sans travail personnel d’appropriation, sera considéré comme une fraude.
- Nous retenons cinq précautions : demander l’accord du professeur pour le devoir concerné, se faire interroger par Gemini plutôt que lui faire écrire la copie, vérifier chaque réponse, ne donner aucune information personnelle, pouvoir expliquer ce qu’on rend.
- L’extrait du cadre diffusé par la DRANE Auvergne-Rhône-Alpes demande aux enseignants de ne pas se fier aux logiciels de détection de contenus générés par IA, qu’il juge peu fiables.
Pour utiliser Gemini sur un devoir de collège ou de lycée sans tomber dans la fraude, cinq précautions résument les bonnes pratiques : obtenir l’accord du professeur pour ce devoir précis, se servir de l’outil pour s’interroger et comprendre plutôt que pour rédiger, vérifier chaque réponse, ne donner aucune information personnelle et pouvoir expliquer sa copie. Les règles de fond (comptes scolaires, âges, paliers du cadre de l’Éducation nationale, durée de conservation des conversations) sont détaillées dans notre page sur Gemini au collège et au lycée.

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Sans accès, le reste n’a pas d’objet. Les conditions d’accès et d’âge d’un compte scolaire ou personnel sont détaillées dans notre page sur Gemini au collège et au lycée. Selon notre lecture, un élève dont le compte n’ouvre pas Gemini n’a pas à contourner le problème avec un compte personnel : l’extrait du cadre diffusé par la DRANE indique que les élèves ne doivent pas avoir à créer de compte personnel sur un service d’IA accessible au grand public, et range parmi les pratiques à éviter d’en demander la création.
Au collège comme au lycée, demander l’accord du professeur devoir par devoir
Le ministère l’a écrit dans son communiqué du 14 juin 2025 sur le cadre d’usage de l’IA en éducation : tout recours à l’IA générative pour réaliser un devoir scolaire, sans autorisation explicite et sans travail personnel d’appropriation, sera considéré comme une fraude. L’extrait de la DRANE demande de son côté aux enseignants de ne pas évaluer un devoir réalisé avec une IA générative sans autorisation ou sans travail personnel d’appropriation. Les deux textes ne s’écrivent pas pareil, et nous retenons la lecture la plus stricte : une autorisation explicite et un travail d’appropriation, c’est-à-dire comprendre et retravailler soi-même ce que l’IA propose. Le plus sûr est de demander l’autorisation pour chaque devoir.
Un message court suffit, par exemple : « Bonjour, pour le devoir d’histoire de vendredi, puis-je utiliser Gemini pour me faire interroger sur la leçon avant de rédiger ? Je préciserai dans ma copie ce que j’en ai fait. » La réponse fixe ce qui est permis : relire, expliquer, proposer des exemples, ou rien du tout. Si la réponse est non, le devoir se fait sans Gemini.
Faire de Gemini un tuteur plutôt qu’un rédacteur
L’appropriation tient dans un déroulé simple : l’élève produit, Gemini questionne, l’élève corrige. Trois usages entrent dans ce schéma, sous réserve de l’accord du professeur, et aucun ne demande de carnet d’étude : une conversation ordinaire suffit.
- Se faire interroger sur sa leçon. « Pose-moi dix questions sur le chapitre sur la Première Guerre mondiale, une à la fois, et corrige-moi seulement après ma réponse. » Répondre sans regarder, puis comparer avec le cours.
- Faire corriger sa propre tentative. « Mon paragraphe est ci-dessous : quelles erreurs de méthode vois-tu, et pourquoi ? Ne le réécris pas. » Rédiger d’abord, puis réécrire soi-même.
- Faire expliquer ce qu’on n’a pas compris. « Explique-moi la différence entre une fonction affine et linéaire avec un exemple différent de mon cours. » Reformuler ensuite la notion avec ses propres mots.
Commander le texte final sort du schéma : « rédige-moi la dissertation » produit un devoir que l’élève n’a pas fait, quelle que soit la qualité du résultat. L’enjeu dépasse la règle : nous avons suivi les notes qui montent avec l’IA sans que le savoir suive, et des examens en chute deux ans après.
Les carnets d’étude de Gemini, qui partent des cours importés par l’élève, suivent la même logique, mais Google annonce leur arrivée dans l’Espace économique européen « dans les semaines à venir » et nous n’avons trouvé aucune confirmation de leur ouverture aux comptes scolaires français à la date du 10 octobre 2026 : le point est détaillé dans notre page sur Gemini au collège et au lycée.
Vérifier chaque réponse avant de la recopier
Le cadre demande, dans l’extrait de la DRANE, de toujours questionner les réponses produites par l’IA et de les valider, et range parmi les pratiques à éviter d’utiliser l’IA sans vérifier les résultats, notamment leur exactitude, leur pertinence, leur impartialité et les biais. Notre conseil : une date, une formule ou une citation se confirme dans le cours ou le manuel, pas dans une seconde question posée à Gemini.
Ne donner aucune information personnelle
La CNIL rappelle que, même avec un compte « classe », l’élève peut transmettre des données personnelles qui, combinées, permettent de l’identifier, par exemple le nom de son école, de sa classe, son genre ou son courriel. Les données personnelles ne se limitent pas au nom et au prénom : l’adresse, un identifiant ou un élément de sa vie privée en font partie. La CNIL recommande aussi de rappeler aux élèves que l’outil n’est pas un échange privé avec une personne, mais une entrée d’informations dans un système, et de privilégier une utilisation supervisée, sur le temps scolaire comme pour les devoirs à la maison.
Dans une demande à Gemini, on laisse donc de côté son nom, son prénom, son établissement, sa classe et son adresse. Pour travailler un exercice, l’énoncé suffit.
Garder une trace et le dire
La transparence figure parmi les cinq principes du cadre d’usage énoncés par le communiqué du ministère, avec la plus-value pédagogique, la protection des données, l’impact environnemental et l’esprit critique. Ce que les textes ne fixent pas, c’est la forme de cette transparence. Notre conseil : garder dans un document à part une copie de ses demandes et des réponses utiles, plutôt que de compter sur l’historique du compte (la CNIL recommande de désactiver l’historique des conversations sur un compte « classe »), et indiquer dans la copie ce qu’on en a fait, par exemple « j’ai utilisé Gemini pour me faire interroger sur la leçon, la rédaction est de moi ».
Cette trace aide aussi face à un doute. L’extrait de la DRANE demande aux enseignants de ne pas s’appuyer sur des logiciels de détection automatique de contenus générés par IA, jugés peu fiables et capables de pénaliser à tort. La CNIL écrit de même que les systèmes d’IA sont insuffisamment fiables pour repérer ces contenus. À notre avis, un élève qui peut montrer sa démarche et expliquer sa copie répond plus facilement à une question du professeur.
Les questions à poser à l’établissement
Pour les parents, et pour les enseignants qui veulent proposer Gemini à une classe, quatre vérifications se font auprès de l’établissement.
- Qui a activé Gemini, et pour quelles classes ? Sur un compte scolaire, la décision revient à l’administrateur, qui peut ouvrir l’accès à une unité organisationnelle ou à un groupe seulement.
- Quelle charte numérique s’applique ? D’après la CNIL, la liberté de l’enseignant dans le choix de ses outils est encadrée par le projet d’établissement, le cadre d’usage du ministère et, le cas échéant, une charte d’utilisation des outils numériques. La CNIL précise aussi que le ministère recommande de privilégier les ressources du Gestionnaire d’accès aux ressources (GAR), qui limite les risques de transfert de données hors de l’Union européenne.
- Faut-il l’accord des parents ? Pas en principe pour un usage pédagogique, d’après la CNIL, mais les élèves et leurs parents doivent être informés si des données les concernant sont utilisées. Le RGPD leur permet de s’opposer, pour des raisons tenant à leur situation particulière ou à celle de l’élève, et l’établissement peut refuser quand l’outil est indispensable aux actions pédagogiques en cours.
- Qui est le délégué à la protection des données ? La CNIL recommande fortement de l’associer dès qu’un système d’IA est utilisé dans un établissement.
Un enseignant du second degré qui recourt à un système d’IA traitant des données personnelles agit sous la responsabilité du chef d’établissement et doit l’en informer, selon la FAQ de la CNIL pour les enseignants.
Mon avis
Le oui du professeur protège un élève mieux que n’importe quelle précaution prise ensuite. Le même échange avec Gemini passe de fraude possible à travail accompagné selon qu’on a demandé avant ou non, et l’extrait de la DRANE demande aux enseignants de ne pas trancher avec un détecteur. Je m’attends donc à ce que la trace de l’usage, une copie des demandes et une mention dans la copie, devienne une habitude des bons élèves avant d’être une règle des établissements.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser Gemini pour faire ses devoirs au collège et au lycée ?
Pas pour faire le devoir à sa place. Selon le communiqué du ministère de l’Éducation nationale du 14 juin 2025, tout recours à l’IA générative pour réaliser un devoir scolaire, sans autorisation explicite et sans travail personnel d’appropriation, sera considéré comme une fraude. Ce qui est permis pour un devoir précis dépend de la consigne du professeur : le plus sûr est de lui demander l’accord devoir par devoir, puis de se servir de Gemini pour se faire interroger et corriger plutôt que pour rédiger.
Un professeur peut-il prouver qu’un devoir vient de Gemini ?
Pas avec un détecteur. L’extrait du cadre diffusé par la DRANE demande aux enseignants de ne pas se fier aux logiciels de détection automatique de contenus générés par IA, jugés peu fiables et capables de pénaliser à tort. La CNIL écrit que les systèmes d’IA sont insuffisamment fiables pour repérer ces contenus et que le ministère déconseille de les utiliser pour identifier une copie. À notre avis, un élève qui sait expliquer sa copie et montrer sa démarche répond plus facilement à un doute du professeur.
Faut-il indiquer dans sa copie qu’on a utilisé Gemini ?
La transparence est l’un des cinq principes du cadre d’usage de l’Éducation nationale, et les textes consultés ne fixent pas de formule. Notre conseil : indiquer ce qu’on a demandé à Gemini et ce qu’on en a fait, ce qui permet au professeur de juger le travail personnel d’appropriation que le communiqué du ministère associe à l’autorisation explicite.
Quelles informations ne pas donner à Gemini ?
Le nom, le prénom, l’établissement, la classe, l’adresse, le courriel, un identifiant ou un élément de sa vie privée. La CNIL rappelle que l’élève peut transmettre des données personnelles qui, combinées, permettent de l’identifier, et que les données personnelles ne se limitent pas au nom et au prénom. Pour travailler un exercice, l’énoncé suffit.
Les parents peuvent-ils refuser que leur enfant utilise Gemini en classe ?
D’après la CNIL, l’accord des parents n’est en principe pas requis pour un usage pédagogique, mais les élèves et leurs parents doivent être informés si des données les concernant sont utilisées. Le RGPD permet de s’opposer pour des raisons tenant à la situation particulière de l’élève, et l’établissement peut refuser l’opposition quand l’outil est indispensable aux actions pédagogiques en cours.
Sources
- Ministère de l’Éducation nationale, communiqué du 14 juin 2025 sur le cadre d’usage de l’IA en éducation (copie de l’académie d’Orléans-Tours)
- Extrait du cadre d’usage de l’IA en éducation, DRANE Auvergne-Rhône-Alpes (site de Clermont-Ferrand)
- CNIL, FAQ « Enseignant : comment utiliser un système d’IA dans le cadre de vos missions ? », 20 juin 2025
- Aide Google Workspace, activer ou désactiver l’application Gemini
- Google Workspace Updates, 22 septembre 2026, carnets d’étude pour les comptes Workspace
Ils m’ont fait confiance
« Il ne se contente pas de corriger les symptômes, il cherche à comprendre l'origine des problèmes et à sécuriser les modifications effectuées. J'ai réellement le sentiment d'avoir trouvé un développeur qui comprend à la fois la technique et les enjeux globaux du projet. »
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