ChatGPT remonte sur trois mois mais perd 18 points en un an

ChatGPT remonte sur trois mois mais perd 18 points en un an

Similarweb a mis à jour ses parts de trafic web pour les assistants conversationnels. Sur trois mois, ChatGPT reprend près de trois points, de 52,7 % à 55,5 %. Sur douze mois, la même série le fait tomber de 73,3 % à 55,5 %. La première place n’a pas changé de titulaire depuis un an ; tout ce qui vient derrière, si.

Dix-huit points perdus en douze mois

Le compteur porte sur les visites des sites web des assistants. Pendant que l’outil d’OpenAI remonte sur le trimestre, Gemini redescend de 27,8 % à 25,6 %, après une progression qui n’aura pas tenu. Le détail des parts mesurées :

  • ChatGPT : 55,5 % du trafic, contre 73,3 % un an plus tôt
  • Gemini : 25,6 %, une part doublée sur douze mois
  • Claude : 9,3 %, contre 1,9 % il y a un an
  • DeepSeek : 3,4 %, Grok : 2,4 %, Copilot : 1,6 %, Perplexity : 0,9 %

Six mois plus tôt, la même série créditait ChatGPT de 56,7 % et Gemini de 25,4 %. Sur ce semestre, les deux sont donc revenus à peu près à leur point de départ, quand Claude passait de 6 % à 9,3 %.

Il y a douze mois, OpenAI captait près de trois visites sur quatre. Il en capte aujourd’hui un peu plus d’une sur deux. Anthropic a multiplié sa part par près de cinq sur la même période, en partant de très bas. À eux sept, ces services pèsent 98,7 % du trafic mesuré : la redistribution s’est faite entre eux, sans nouvel entrant.

Un compteur qui ne voit que les navigateurs

Ces pourcentages portent sur des visites de sites, pas sur des usages. Tout ce qui se passe hors du navigateur sort du calcul : les applications mobiles, les clients de bureau, les assistants intégrés à un système d’exploitation. Google pousse Gemini via l’écosystème Android, où la réponse s’affiche dans l’application sans qu’aucune page web soit ouverte. OpenAI met en avant son application mobile et son client de bureau. Rien de tout cela n’apparaît dans la statistique.

L’effet est asymétrique. Plus un assistant est distribué par un téléphone, un navigateur maison ou une suite logicielle, plus il est sous-évalué dans ce type de mesure. Le compteur reste posté à une seule porte d’entrée quand la demande en emprunte plusieurs.

D’où une lecture prudente de la remontée d’OpenAI. Reprendre près de trois points de trafic web tout en poussant deux clients natifs qui échappent au comptage ressemble moins à une reconquête qu’à un déplacement du public vers d’autres surfaces.

Claude grandit là où le compteur ne regarde pas

Le cas d’Anthropic éclaire la limite de l’exercice. Ses 9,3 % restent modestes face aux 55,5 % d’OpenAI. Mais une part de l’usage de Claude ne produit aucune visite sur claude.ai : un développeur qui appelle le modèle depuis son éditeur, un script planifié, une chaîne d’agents ou une intégration métier consomment des tokens (les unités de texte facturées par le modèle) sans jamais ouvrir de page.

Le même angle mort vaut pour tous les modèles vendus par API (l’accès machine à machine au modèle, sans page web à ouvrir). Un assistant embarqué dans un outil interne d’entreprise peut peser lourd en volume de requêtes et zéro en trafic web. La mesure capte bien la curiosité du grand public et l’habitude d’ouvrir un onglet ; elle passe à côté du travail quotidien qui transite par du logiciel.

Multiplier sa part par cinq en un an sur le canal qui le sert le moins en dit plus long que ces 9,3 % pris isolément.

Trois marchés empilés dans un seul classement

Vue de près, cette liste mélange des concurrents qui ne jouent pas la même partie. Le grand public arbitre par la notoriété et par ce qui est déjà installé sur son téléphone. C’est le terrain de ChatGPT et de Gemini, et il se gagne autant par la distribution que par la qualité du modèle. Les équipes techniques, elles, arbitrent sur le coût du million de tokens, la fenêtre de contexte et la fiabilité des appels d’outils. Des critères mesurables, qui ne fabriquent aucune fidélité.

Restent les positions spécialisées. Perplexity vise la recherche documentée, DeepSeek s’est imposé comme la référence des modèles librement téléchargeables, Grok vit largement dans son réseau social d’origine. Leurs parts de trafic web, entre 0,9 % et 3,4 %, disent surtout que leur public ne passe pas par la page d’accueil.

Une part de marché unique qui agrège ces trois publics n’apprend pas grand-chose : elle additionne un réflexe d’usage domestique, un choix d’ingénierie et une niche.

Ces courbes ne choisissent pas votre modèle

Si vous sélectionnez un modèle pour une équipe ou un produit, ces séries ne vous serviront pas : elles mesurent une audience, pas une aptitude. La comparaison utile se fait sur votre propre corpus, avec vos prompts, vos documents et vos cas limites, chiffres de latence et de coût à l’appui.

Ces données apportent en revanche un signal de dépendance. Un fournisseur qui perd dix-huit points d’audience grand public en un an change de position de négociation, sur les tarifs comme sur les conditions d’accès. Prévoir dès maintenant une couche d’abstraction entre votre code et l’API que vous appelez coûte quelques heures ; en changer dans l’urgence coûte un trimestre.

Les prochains points gagnés ou perdus se joueront ailleurs : dans les factures d’API et dans les fichiers de configuration des agents. Similarweb n’y a pas accès.

Sources

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