
Une liste de tâches qui se réécrit quand un email arrive. Une présentation que trois collègues et un agent modifient en même temps. Un dossier d’équipe que l’IA range selon la consigne qu’on lui a donnée.
Voilà ce qu’OpenAI a montré le 29 septembre lors de son DevDay, sa conférence annuelle destinée aux développeurs, parmi plus de vingt annonces. Aucun de ces objets ne ressemble à une conversation, et le choix est délibéré : ChatGPT vise désormais la place qu’occupent Microsoft 365 et Google Workspace sur le poste de travail.

Complétez votre site, carte par carte
J’ai conçu TresoRank pour détecter ce qui manque à votre visibilité SEO & GEO : contenus, enrichissements, maillage ou optimisations techniques. Chaque opportunité devient une carte à activer.
Analyser mon site gratuitement →Pages, Space, Slides : l’agent s’installe dans le document
Trois briques portent ce virage. ChatGPT Space, d’abord, remplace l’ancienne Bibliothèque : un espace partagé où une équipe dépose fichiers, pages, présentations et feuilles de calcul, puis décrit ses projets et ses priorités. ChatGPT, Codex et les dots, les nouveaux agents autonomes d’OpenAI, puisent ensuite dans ce contexte commun quand un membre les sollicite. L’offre est réservée aux abonnements Pro, Business et Enterprise, sur le web et l’application de bureau.
Pages, ensuite, est un format de document pensé pour le travail à plusieurs, humains et agents confondus. Chacun y édite avec son propre ChatGPT, et un commentaire suffit pour mentionner l’IA ou un dot et lui confier la révision suivante. Surtout, une page peut s’actualiser seule à partir des outils connectés, selon des instructions qui fixent quoi mettre à jour, avec quelles sources et à quel rythme. L’exemple choisi par OpenAI : une liste de tâches alimentée par Slack, les emails et l’agenda.
Les Slides collaboratives, enfin, arrivent dans les prochaines semaines, avec export vers PowerPoint et Google Slides.
Des trois, c’est la mise à jour automatique des Pages qui change la nature de l’outil. Un document Word ou Google Docs est une archive : il dit ce qui était vrai au moment où quelqu’un l’a écrit. Une page reliée à des sources et dotée d’une consigne de rafraîchissement devient un processus qui tourne. L’agent n’attend plus qu’on l’appelle, il entretient le livrable. Microsoft propose depuis septembre 2024 Copilot Pages, une page que l’équipe et Copilot coécrivent en temps réel ; OpenAI y ajoute la consigne de rafraîchissement.
Slack et Teams, une porte d’entrée sans licence
Le deuxième mouvement est moins spectaculaire, et sans doute plus redoutable. ChatGPT répond désormais dans Slack et Microsoft Teams à une simple mention @ChatGPT, dans un canal, un fil ou un message privé, sans que l’utilisateur dispose de sa propre licence. Il agit avec les outils connectés par l’administrateur ou avec ceux de l’utilisateur, dans la limite de ses droits.
Autour de cette mention gravitent des tâches récurrentes, exécutées à intervalle fixe ou déclenchées par un événement (l’arrivée d’un email, un message Slack), et un plugin Réunions qui enregistre l’audio, range les notes dans Space et reporte décisions et blocages dans le plan de projet. OpenAI ne demande plus aux équipes de venir dans ChatGPT : elle installe ChatGPT là où elles discutent déjà, puis rapatrie le résultat dans ses propres documents.
Côté développeurs, les Plugin Extensions prolongent la même mécanique : des panneaux interactifs dans ChatGPT et des visionneuses pour les types de fichiers qu’un plugin prend en charge, sur toutes les offres. L’écosystème revendique déjà plus de 4 000 applications connectables aux dots. Une suite bureautique vit de ses formats et de ses intégrations, et OpenAI construit les deux à la fois.
D’ici le DevDay 2027, l’agent départagera les suites bureautiques
Le pari qui se dégage de ces annonces peut se dater. D’ici le DevDay 2027, le critère qui départagera les suites de travail en entreprise sera l’agent qui vit dans l’éditeur, davantage que l’éditeur lui-même : sa capacité à tenir un document à jour, à exploiter le contexte d’une équipe, à agir dans les outils voisins. Microsoft et Google ont pour eux le parc installé. OpenAI a l’avantage de partir de l’agent, pas du fichier.
À douze mois, la cohabitation reste l’issue la plus probable : Space et Pages servent de couche de pilotage (suivis de projet, comptes rendus, tableaux de bord vivants) pendant que les livrables formels continuent de sortir en PowerPoint ou en Google Slides. L’export prévu dès le lancement trahit cette prudence : OpenAI sait que ses documents doivent encore finir ailleurs. À deux ans, un scénario plus offensif voit des équipes entières abandonner le fichier comme unité de travail au profit d’espaces où l’agent assure l’essentiel de la mise à jour.
L’économie pousse dans ce sens. GPT-6.1 Sol, présenté le même jour, approcherait les performances de GPT-6 Astra sur les workflows métier en plusieurs étapes et la compréhension de documents, pour un cinquième de son prix selon OpenAI. Des documents qui se rafraîchissent seuls consomment des tokens (les unités de texte sur lesquelles se facture un modèle) en continu. Sans cette baisse de coût, la promesse resterait une démo.
Permissions, Europe, volte-face : trois freins à l’adoption
La gouvernance arrive en tête. Une page qui lit Slack, les emails et l’agenda pour se réécrire pose aussitôt la question de qui voit quoi. OpenAI met en avant les permissions de chaque utilisateur et la validation humaine des actions des dots, mais une DSI (direction des systèmes d’information) jugera sur les journaux d’audit et la maîtrise des connecteurs, pas sur une keynote.
L’Europe, ensuite. Les dots arrivent progressivement chez les abonnés Pro et Business Premium, Union européenne exclue de cette première phase, sans date annoncée pour la France. Une suite collaborative privée de son agent central sur tout un continent aura du mal à devenir le standard d’équipe des groupes présents des deux côtés de l’Atlantique.
Dernier frein, l’historique d’OpenAI elle-même. L’entreprise avait déjà testé les conversations partagées entre plusieurs utilisateurs et l’IA, avant de les fermer en juillet au nom de la simplicité. Revenir deux mois plus tard avec un espace d’équipe complet témoigne d’une ambition nette, et d’une trajectoire produit qui change vite. Une entreprise qui migre ses documents attend l’inverse : de la stabilité.
Dans une organisation qui ouvre Space, l’inventaire à mener est modeste. Listez les suivis tenus aujourd’hui à la main (point hebdomadaire, liste de tâches, compte rendu de réunion) et regardez lesquels gagneraient à devenir des pages qui se mettent à jour seules, avec quelles sources autorisées. La migration se décidera sur ces usages-là, bien avant les rapports stratégiques.
La suite dépend moins d’OpenAI que de ses deux rivaux. Si Microsoft et Google livrent d’ici six mois des documents capables de s’actualiser seuls depuis leurs propres outils, la bataille se jouera sur leur terrain, avec leur parc installé. S’ils tardent, les Pages d’OpenAI auront le temps de devenir l’endroit où les équipes consultent l’état réel de leurs projets, et le fichier Office celui où elles l’archivent.
Sources
Ils m’ont fait confiance
« Il ne se contente pas de corriger les symptômes, il cherche à comprendre l'origine des problèmes et à sécuriser les modifications effectuées. J'ai réellement le sentiment d'avoir trouvé un développeur qui comprend à la fois la technique et les enjeux globaux du projet. »
Évaluation client · projet WordPress · septembre 2026
5,0/5 sur 17 évaluations
Faire appel à mes services →