
L’essentiel
- OpenAI teste aux États-Unis les Sponsored Agents : après un clic sur une publicité dans ChatGPT, l’utilisateur ouvre une conversation identifiée avec un agent financé par la marque.
- Une option de personnalisation automatique adapte les titres et descriptions de l’annonceur au contexte de la conversation et traduit le texte dans la langue de l’utilisateur.
- Les campagnes se créent et s’analysent au prompt dans ChatGPT Work, et ChatGPT Ads s’intègre à HubSpot et Shopify, premiers partenaires CRM et e-commerce.
Un annonceur peut désormais prendre la parole à l’intérieur de ChatGPT, et plus seulement occuper un encart à côté de la réponse. OpenAI a détaillé hier son dispositif : des agents sponsorisés en test aux États-Unis, une création de campagnes pilotée en langage naturel, et des publicités dont le texte s’ajuste à la discussion en cours. Ce dernier point décrit un objet nouveau : un message publicitaire qui n’existe qu’au moment où il s’affiche, et jamais deux fois à l’identique.
Un annonceur qui répond aux objections
Une bannière affirme et s’arrête là : aucune objection ne lui revient. L’agent sponsorisé, lui, entre dans l’échange. OpenAI prend l’exemple d’une table de salle à manger aperçue dans une annonce : l’utilisateur veut savoir si elle tient dans sa pièce, combien de personnes elle accueille, comment en entretenir la finition. L’agent de la marque répond, puis renvoie vers le site du vendeur quand l’intérêt est là.
Les garde-fous sont posés noir sur blanc par l’éditeur : la conversation est clairement libellée comme sponsorisée, elle reste distincte des réponses indépendantes de ChatGPT et séparée de la discussion d’origine. Le mécanisme de persuasion, lui, change de registre. Une objection traitée en direct par un vendeur pèse plus lourd qu’un slogan qu’on ignore, et cette conversation-là emprunte l’interface à laquelle des centaines de millions de personnes associent une réponse neutre.
OpenAI n’est pas seul sur ce terrain : depuis mai, Google teste dans AI Mode des annonces conversationnelles et un Business Agent for Leads, où l’internaute clique sur « Chat » pour interroger l’annonceur au lieu de remplir un formulaire. Le point de départ diffère : une requête de recherche d’un côté, une conversation déjà engagée de l’autre.
Une publicité qui se réécrit pour chaque personne
L’option qui engage le plus est présentée comme un réglage secondaire : la personnalisation automatique du texte. Activée par l’annonceur, elle adapte ses titres et ses descriptions existants au contexte de la conversation, et traduit le message dans la langue de l’utilisateur.
Deux personnes qui posent la même question ne verront donc ni la même publicité, ni les mêmes mots. L’annonceur fournit une matière, le modèle en produit une variante à l’instant du clic. Pour les outils de création, OpenAI précise que l’annonceur relit et modifie les suggestions avant de les intégrer à une campagne. Pour la personnalisation en conversation, la relecture humaine disparaît par construction : on ne valide pas à l’avance un texte qui n’est pas encore écrit.
Ce déplacement commande tout le reste. Une bannière ou une affiche laisse une trace : on la capture, on la confronte à la promesse, on la produit devant une autorité. Un message généré pour une seule conversation, dans une seule langue, à une seule seconde, ne laisse de trace que si la plateforme ou la marque décident d’en conserver une. L’annonce d’OpenAI ne mentionne aucune archive des variantes réellement diffusées.
HubSpot et Shopify installent la tuyauterie
Le reste du dispositif tient de la plomberie, et c’est elle qui rendra le canal durable. Les campagnes se créent, se modifient et s’analysent au prompt via le plugin Ads Manager dans ChatGPT Work : un site web ou un brief suffit à produire une campagne, avec des recommandations sur la suite. ChatGPT Ads se branche par ailleurs sur HubSpot, premier partenaire CRM, le logiciel où les entreprises suivent leurs prospects, et sur Shopify pour le commerce en ligne. Une société qui gère ses clients dans HubSpot connecte son compte publicitaire, crée ses annonces, suit ses performances et relance ses contacts sans quitter son environnement de travail.
Un canal publicitaire s’impose rarement par son côté spectaculaire. Il gagne quand l’adopter ne coûte presque rien. En se greffant sur les deux logiciels que les équipes marketing ouvrent déjà tous les matins, OpenAI se donne les moyens de passer du test à l’habitude.
Personne ne conserve les variantes à votre place
Côté lecteur, le repère existe et il tient à une mention : une conversation sponsorisée s’annonce comme telle, et se tient à l’écart du fil que vous aviez ouvert. Savoir que l’enthousiasme d’en face est financé change la façon de lire une recommandation.
Côté annonceur, trois chantiers s’ouvrent dès maintenant :
- archiver soi-même les variantes réellement diffusées ;
- vérifier ce qu’un agent affirme en votre nom, car une caractéristique produit improvisée engage la marque, pas le modèle ;
- redéfinir la mesure, car une conversation de huit échanges et un clic sur une bannière n’ont ni le même coût ni la même valeur.
Le test reste étroit : quelques annonceurs sélectionnés, aux États-Unis seulement. Sa suite se jouera sur la capacité d’OpenAI à montrer ce que ses agents ont dit, à qui et dans quels termes, plus que sur le taux de clic. Une publicité qui ne laisse aucune copie derrière elle finira par intéresser d’autres acteurs que les marques : les régulateurs européens imposent déjà aux très grandes plateformes de tenir un registre des annonces diffusées.
Mon avis
Toute la protection repose ici sur un libellé, et un libellé s’use : au bout de quelques semaines, plus personne ne lit une mention croisée dix fois par jour. Ce qui me gêne davantage, c’est l’asymétrie de mémoire, l’agent gardant le contexte de l’échange quand l’utilisateur n’a aucune copie de ce qu’on lui a promis. Si OpenAI veut que ce format tienne autrement que sur la confiance, il devra publier lui-même le registre des variantes diffusées, avant qu’un régulateur l’y oblige dans des termes qu’il n’aura pas choisis.
Sources
Ils m’ont fait confiance
« Il ne se contente pas de corriger les symptômes, il cherche à comprendre l'origine des problèmes et à sécuriser les modifications effectuées. J'ai réellement le sentiment d'avoir trouvé un développeur qui comprend à la fois la technique et les enjeux globaux du projet. »
Évaluation client · projet WordPress · septembre 2026
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